Jean-Pierre Le Goff

C O Q U I L L A G E S

 

NOTE PRÉLIMINAIRE PAR J.-P. LE GOFF (EXTRAIT) :

« Que l’homme de science ne me fréquente pas, je n’apporte aucune garantie d’expérimentation. Mes idées appartiennent plus au domaine de la rêverie qu’à celui de la preuve. Tout ici a apparence d’égarements, d’axiomes aux évidences troubles, de postulats à la viabilité incertaine. […] J’ai souci de ne point perdre de vue le fonctionnement de la rationalité, bien que je me serve d’elle pour lui faire dire ce qu’elle n’affirme pas et qu’elle dissimule dans l’impénétrabilité de ses halliers. Suis-je locataire des coquillages ? Est-ce moi qui les héberge ? Leur tourbillon m’aspire, j’aspire à les circonvenir ; ils me circonscrivent. Je lis en eux comme on lit dans le marc de café et ils exercent sur moi leur empire comme les nuages le font sur la personne qui les questionne. En net, ces notes sont le résultat de sollicitations réciproques. » 

 

AILLEURS DANS LE TEXTE :

« […] les réflexions humaines et le jeu des comportements mimétiques de la nature établissent des relations ambiguës. En ces entrelacements ludiques les coquillages continuent de disposer différemment les cartes et les pions de leurs jeux. Je n’en suis que secrétaire. »

 

 

 

 

  

TABLE

 

"Illusions troublantes et égarements délectables", par Didier Semin 

 

Note préliminaire 

 

I. Bernard-l’ermite

II. Xenophora pallidula

III. Le coquillage minéral 

IV. Ovula ovum 

V. Pieuvres et poteries 

VI. Cornes et ramures 

VII. Lunules 

VIII. Conus marmoreus Rembrandt 

IX. Epitonium scalare

X. Cypraea tigris calligraphiées 

XI. Cypraea chelonia

XII. Les coquilles de Henri Mondor 

XIII. Cypraea diliculum

XIV. L’apex

XV. L’oeuf et la coquille

XVI. La teneur du message

XVII. L’élaboration du joint

XVIII. Fascinant fasciolaire 

XIX. Bestiaire des Cypraea 

XX. 20 et 21 décembre 1975  

XXI. Murex cannibales 

XXII. Exo-squelette 

XXIII. Porcelaines mélaniques et rostrées 

XXIV. Le nautile et la spirale logarithmique

XXV. La perle

XXVI. Angaria melanacantha

XXVII. Cypraea saulae

XXVIII. Opercule et spondyle 

XXIX. Ostrea cristagalli 

XXX. Coquillages et géographie

XXXI. Opercule de turbo  

XXXII. Voluta musica

XXXIII. Strombus pugilis

XXXIV. Les coquillages et le son

XXXV. L’escargot de Lorenz Stöer 

XXXVI. Coquillages et labyrinthes 

XXXVII. Cypraea argus

XXXVIII. La parole et le coquillage

XXXIX. Carbone 14 

XL. Strombus hortulus 

XLI. Fantasme 

XLII. Purpura

XLIII. Les idéalités conchyliologiques

XLIV. Coquillages et blasons

XLV. La circulation des images

XLVI. Une signification semblable ou pas

XLVII. Coquillages et photographie 

XLVIII. Porcelaine

XLIX. Sur deux petits sabots de buis

L. Polyvalence de la spirale

LI. Coquillages et architectures

LII. Écriture automatique et coquillages

LIII. L’homme mollusque 

LIV. Cénotaphe

LV. Échantillons de nacre

LVI. Économie coquillère

LVII. Vermets  

LVIII. Le pinceau de l’oeil

LIX. Signatures dans la craie 

LX. Paupérisation 

LXI. Symbolisme sexuel

LXII. Lamellidoris

LXIII. Motifs 

LXIV. 

 

 


 

 

L'AUTEUR :

Jean-Pierre Le Goff (1942-2012) est l’homonyme du célèbre sociologue et n’a de commun avec le grand historien que le nom. Sa science à lui, quoiqu’il ait aussi fréquenté banalyse, surréalisme et ’pataphysique, est d’avoir développé à sa juste mesure un territoire littéraire d’une grande singularité : ses écrits font s’engouffrer dans une pensée insolite, étonnante sans esbroufe, sinueuse sans préciosité, qui avance à petits pas, tel un Petit Poucet, pour révéler l’incroyable poésie du hasard et les multiples correspondances dissimulées dans les recoins de l’existence. Qu’il explore la beauté facétieuse des premiers jours de neige (Journal de neiges, Le Hasard d’être, 1983), les innombrables possibilités de rupture d’un fil de perles (Le Cachet de la poste, feuilles volantes, Gallimard, 2000), le pouvoir assassin des crayons verts (Du crayon vert, Au crayon qui tue, 2001), les tracés capricieux de fourmis graphomanes (L’Écriture des fourmis, Au crayon qui tue, 2003) ou les dessous inconscients du Titanic (Les Abymes du Titanic, Au crayon qui tue, 2006), l’évidence est toujours la

même : le fil secret du monde est aussi ténu qu’infini, et immense est la joie de le tirer. 



LE PRÉFACIER :

 

Didier Semin enseigne l’histoire de l’art à l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris depuis 1999. Ancien conservateur chargé des collections contemporaines au Musée national d’Art moderne au centre Georges Pompidou (1991-1998), il a assuré le commissariat de nombreuses expositions, et publié de nombreux articles, livres et catalogues. Derniers ouvrages parus : Edward Hopper et la modernité et Markus Raetz, infimes distorsions, tous deux aux éditions de l’Échoppe (Paris), en 2012 et 2013.