TABLE

 

TOME I

 

 Note des éditeurs

 

Préface 

 Louis Janover

Note d'intention de la première édition 

 P.-J. Stahl

Prologue 

P.-J. Stahl

Résumé parlementaire

 P.-J. Stahl

Histoire d'un Lièvre

P.-J. Stahl

Peines de cœur d’une Chatte anglaise

Honoré de Balzac

Les aventures d’un Papillon

P.-J. Stahl

Les contrariétés d’un Crocodile

Émile de la Bédollière

Oraison funèbre d’un Ver à soie

P.-J. Stahl

Voyage d’un Moineau de Paris

George Sand

Vie et opinions philosophiques d’un Pingouin

P.-J. Stahl

Les doléances d’un vieux Crapaud

Gustave Droz

Le premier feuilleton de Pistolet

Jules Janin

Le Rat philosophe

Édouard Lemoine

Les souffrances d’un Scarabée

Paul de Musset

Un Renard pris au piège

Charles Nodier

Guide-Âne

Honoré de Balzac

Les contradictions d’une Levrette

Gustave Droz

Topaze, peintre de portraits

Louis Viardot

Voyage d’un Lion d’Afrique à Paris

Honoré de Balzac

Au Lecteur

P.-J. Stahl

 

 

TOME II

 

Encore une révolution !

P.-J. Stahl

Histoire d’un Merle blanc

Alfred de Musset

Le mari de la Reine

Gustave Droz

Les amours de deux Bêtes

Honoré de Balzac

Les peines de cœur d’une Chatte française

P.-J. Stahl

Causes célèbres

Émile de la Bédollière

L’Ours

Louis Baude

Le septième ciel

P.-J. Stahl

Lettres d’une Hirondelle à une Serine

Mme Ménessier-Nodier

Les Animaux médecins

Pierre Bernard

Tablettes de la Girafe

Charles Nodier

Propos aigres d’un Corbeau

Gustave Droz

Souvenirs d’une vieille Corneille

P.-J. Stahl

Dernier chapitre

P.-J. Stahl

 

 

 

 

Le livre et sa genèse


Tandis que, au mitan du XIXe siècle, les livres illustrés connaissent une grande popularité, Hetzel propose au caricaturiste Grandville l’illustration des Scènes de la vie privée et publique des Animaux. Ce sera là le premier ouvrage publié par le jeune éditeur et celui qui consacrera Grandville. Ils dressent ensemble une liste de trente-cinq animaux que Hetzel soumet ensuite à des écrivains prestigieux, sans leur imposer de contraintes formelles. Il en ressort un ensemble se composant au final d'une trentaine d'histoires, lesquelles témoignent d’une grande diversité de styles.

 

Les auteurs ayant collaboré à Vie privée et publique des Animaux sont : Honoré de Balzac, Louis Baude, Émile de la Bédollière, Pierre Bernard, Gustave Droz, Benjamin Franklin, Jules Janin, Édouard Lemoine, Alfred de Musset, Paul de Musset, Mme Ménessier-Nodier, Charles Nodier, George Sand, P.-J. Stahl (nom de plume de Hetzel) et Louis Viardot.

 

À l'instar de La Comédie humaine, il s’agit de dresser un portrait critique de la société de

l’époque en plusieurs tableaux – comme le suggère le sous-titre : Études de mœurs contemporaines. Grandville a alors déjà posé les fondements de son œuvre, notamment dans Les Métamorphoses du jour (une suite de lithographies publiée en 1828-1829), en recourant à une hybridation entre l’homme et l’animal. Dans cette veine anthropomorphique, il a également à son actif l’illustration des Fables de La Fontaine (1838). En jouant à nouveau des frontières entre homme et animal, la réalisation de cet ouvrage lui permet de poursuivre sa réflexion. Grâce à la précision et au réalisme de ses traits, il rend compte de la condition humaine avec un sens de l’observation et un humour saisissants, une vision tout à fait singulière que d’aucuns ont attribuée à un « précurseur du surréalisme ».

 

Un commentaire de Charles Blanc*    (in Grandville, Émile Audois éditeur, 1855)

 

« […] quelle supériorité ! quelle perfection dans les Animaux peints par eux-mêmes ! Un tel livre

n’était possible qu’avec Grandville et par lui. Qui aurait compris l’esprit charmant des écrivains de

ce livre, sans ces vignettes adorables où l’on ne sait qu’admirer le plus, de la finesse de l’intention

ou de la justesse du trait ? Le naturaliste en serait aussi ravi que le philosophe. L’un reconstruirait

le corps de l’animal sous les habits humains dont il paraît si humainement revêtu, l’autre retrouverait l’âme, le caractère et les passions de l’homme dans la physionomie de la bête. Les Animaux peints par eux-mêmes et les Métamorphoses du jour sont les deux chefs-d’œuvre de Grandville, et l’on peut ajouter, deux chefs-d’œuvre.

L’illustration est un commentaire figuré qui occupe ordinairement la seconde place dans un livre ;

c’est un accessoire qui suit le texte humblement, de même que la note se place avec modestie au

bas de la page. Mais Grandville a su parfois intervertir les rôles, devenir le principal auteur à son

tour, et faire passer le texte à l’état de commentaire. »

 

*1813-1882, historien, critique d’art et graveur français.

 

 

 

"PROSPECTUS", paru en tête de l’édition de 1842, à titre de note d’intention

 

« La définition du livre que nous publions aurait pu paraître embarrassante dans le temps où l’on

s’inquiétait sérieusement de savoir si le Télémaque était ou n’était pas un poëme, si l’Esther était

oui ou non une tragédie selon les règles d’Aristote. Mais aujourd’hui qu’il est à peu près reconnu

que : tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux, nous laissons paraître notre livre sur la foi d’un adage aussi complaisant.

Dans l’œuvre que nous présentons au public, le dessinateur et les écrivains se sont inspirés d’une

même pensée : pendant que Grandville crayonnait, le texte s’écrivait. Tout le monde connaît le

genre créé par Grandville ; chaque artiste a sa spécialité, la principale gloire de cet esprit observateur sera toujours d’avoir su saisir les curieuses analogies qui existent entre l’homme et l’animal, et c’est justement qu’on l’a nommé le La Bruyère des animaux et le La Fontaine des dessinateurs. Cette publication vient après plusieurs autres dont son talent a fait le succès ; mais il y a des œuvres dans lesquelles se résume tout le talent d’un artiste, et celle-ci restera comme l’œuvre de sa prédilection. Jusqu’ici, en effet, son génie n’avait pas été complètement libre, puisqu’il avait dû traduire, avant tout, ses auteurs, vivre avec eux, à leur guise, et dans leur temps. Dans notre livre, au contraire, chacun de ses dessins est une création qui, tout en se liant au texte, ne laisse pas d’en être indépendante. Aussi pouvons-nous dire qu’il s’est surpassé dès qu’il a pu prendre notre époque corps à corps, et faire, de chacun des sujets qu’il traite, une peinture, moqueuse, il est vrai, mais fidèle, de nos habitudes, de nos ridicules et de nos caractères modernes. Les vignettes qui orneront notre publication formeront une galerie, ou, si l’on veut, une ménagerie qui eût éveillé toutes les sympathies du bonhomme.

Les acteurs une fois en scène, il restait à les faire parler. Les écrivains distingués qui ont associé

leur plume au crayon de Grandville ont renfermé dans un cadre, dont l’idée première nous a paru

sans précédent et tout à fait originale, le tableau gaiement sérieux de nos mœurs contemporaines.

Ils ont su éviter les voies usées et monotones de l’apologue et de la physiologie descriptive, et peindre sous une forme nouvelle et piquante les hommes par les animaux.

Maintenant à qui le livre s’adresse-t-il ? aux naturalistes ou aux philosophes ? à l’enfance ou à l’âge mûr ? aux hommes ou aux femmes ? Nous croyons pouvoir répondre que les naturalistes y trouveront une grande exactitude scientifique ; les philosophes, quelque peu de philosophie familière ; les petits et les grands enfants, des scènes intéressantes ; tous enfin, sous le personnage des animaux, et dans une mesure qui fera de cette publication un livre de famille, quelques-unes des vérités qui sont bonnes à dire en fait de morale, de philosophie ou de politique. »

 

 

 

LOUIS JANOVER, préfacier de Vie privée et publique des Animaux

 

Louis Janover est né en décembre 1937. Très tôt, il se passionne pour le surréalisme, ses positions
politiques antistaliniennes et sa conception de la poésie, s’enthousiasme pour l’œuvre d’Artaud
et de Roger Gilbert-Lecomte. Il découvre en même temps Grandville dans l’ouvrage de Georges
Hugnet, Fantastic Art. Dada, Surrealism, et il pénètre son univers et s’en imprègne.

En juillet 1954, il écrit à André Breton qui lui répond et qu’il rencontre rue Fontaine. Il participe
alors au groupe surréaliste. Il s’en éloigne alors que le surréalisme artistique s’impose dans les milieux de la culture et défend des positions politiques contraires à ses yeux aux principes de la révolution surréaliste. Ses divergences aboutissent à une polémique avec le groupe surréaliste à propos du Manifeste des 121 (« La trahison permanente », avec Bernard Pêcheur, Sédition, n° 1, juin 1961) et à un texte collectif, « Lettre ouverte au groupe surréaliste » (1962. Front noir, n° 1, juin 1963). Il anime alors une revue dissidente, Front noir (trimestriel, juin 1963 et avril 1966, deux numéros spéciaux,  Poésie et Révolution I, septembre 1965 ; Poésie et Révolution II, novembre 1967). On y trouve notamment les noms de Le Maréchal, Gaétan Langlais, Maximilien Rubel, Paul Mattick. Le point de vue critique, qui n’épargne pas l’Internationale situationniste, entend fonder sur des bases nouvelles l’idée centrale de la révolution surréaliste, à savoir l’indivision logique entre la volonté de changer la vie et celle de transformer le monde, entre l’utopie et la révolution. C’est en opposition à toutes les interprétations de Marx qu’il va collaborer aux côtés de Maximilien Rubel aux Études de marxologie et à l’édition de Marx dans la Pléiade. Mais il n’abandonne pas pour autant la défense de la révolution surréaliste.
Le premier article de Louis Janover, « Un trou au cœur de la vie », sur Georg Büchner, est publié
dans Le Surréalisme, même, n° 1, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1956. Un très long texte, « Le surréalisme, l’art et la politique », paru dans les Études de marxologie, en janvier-février 1978, est en quelque sorte le premier exposé synthétique d’une critique qui reste le fil conducteur de sa réflexion.
On retrouve dans sa démarche l’empreinte de Grandville de deux manières : trois de ses livres portent sur la couverture la marque du dessinateur ; et nombre de ses développements sont d’une certaine manière le prolongement d’une œuvre qui déroule sous nos yeux la métaphore de l’aliénation du monde moderne en même temps que le tableau d’un autre monde, ouvert sur l’utopie. Le Volvoce, cette extraordinaire créature que Grandville nous montre en train d’enlacer le monde, est en quelque sorte la Bête de l’apocalypse partout présente dans tous les interstices de notre société.

 

 

BIBLIOGRAPHIE DE LOUIS JANOVER

 


• Livres sur le surréalisme
Surréalisme, art et politique, Paris, Galilée, 1980
Le Rêve et le Plomb. Le surréalisme de l’utopie à l’avant-garde, Paris, Jean-Michel Place, 1986
La Révolution surréaliste, Paris, Plon, 1989; réédition Hachette/Pluriel, 1995, enrichie d’une préface et d’une correspondance avec Pierre Naville
Cent ans de servitude. Aragon et les siens, Arles, Sulliver, 1998
Lautréamont et les chants magnétiques, Arles, Sulliver, 2002
Le Surréalisme de jadis à naguère, Paris, Paris-Méditerranée, 2002
Surréalisme ou  le surréalisme introuvable, Paris, Sens&Tonka, 2003
Tombeau pour le repos des avant-gardes, Arles, Sulliver, 2005
Visite au musée des arts derniers, Arles, Les Éditions de la Nuit, 2008
S’il est encore minuit dans le siècle, Arles, Les Éditions de la Nuit, 2010


• Articles sur le surréalisme
« Lettre à Mélusine à propos d’une ombre qui a perdu son corps », Mélusine, Cahiers du Centre de recherche sur le surréalisme, n° VII, Paris, L’Âge d’Homme, 1985, p. 249-262
« Breton/Blum : Brève rencontre qui en dit long (du temps que les surréalistes étaient

marxistes) », Mélusine, Cahiers du Centre de recherche sur le surréalisme, n° VIII, Paris,

L’Âge d’Homme, 1986, p. 91-111

« Ce que dit Vaché du surréalisme », Mélusine, Cahiers du Centre de recherche sur le surréalisme, n°X, Paris, L’Âge d’Homme, 1988, p. 241-249
« Le surréalisme révisé », Mélusine, Cahiers du Centre de recherche sur le surréalisme, n° X, Paris, L’Âge d’Homme, 1988, p. 271-275
« Chronique de commémorations annoncées. Le surréalisme entre le rouge et le noir », Le Monde libertaire, 4-10 janvier 1996


• Préfaces et présentations

« À la croisée des chemins, René Crevel », préface à René Crevel, Le Roman cassé et derniers écrits, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1989
« Benjamin Fondane, un devenant parmi nous », préface à Benjamin Fondane, L’Écrivain devant la révolution, Paris, Paris-Méditerranée, 1997
Beray Patrice, Janover Louis, Retrouver Fondane, Arles, Éditions de la Nuit, 2010


• Parmi ses ouvrages plus spécifiquement politiques
Les Intellectuels face à l’histoire, Paris, Galilée, 1980
Les Dissidents du monde occidental. Critique de l’idéologie antitotalitaire, Paris, Spartacus, 1991
Nuit et brouillard du révisionnisme, Paris, Paris-Méditerranée, 1996
La Tête contre le mur. Essai sur l’idée anticommuniste au XXe siècle, Arles, Sulliver, 1998
Voyage en feinte-dissidence, Paris, Paris-Méditerranée, 1998
Thermidor mon amour, Paris, Paris-Méditerranée, 2000
La Démocratie comme science-fiction de la politique, Arles, Sulliver, 2007
S’il est encore minuit dans le siècle, Arles, Les Éditions de la Nuit, 2010
Thermidoriens, encore un effort..., Arles, Les Éditions de la Nuit, 2011